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Mission archéologique dans l’oasis d’al-Kharj (Arabie Saoudite)

publié le , mis à jour le

Mission archéologique dans l'oasis d'al-Kharj (Arabie Saoudite)

Projet dirigé par Jérémie Schiettecatte
Opération de la mission Oasis d’Arabie que dirige Guillaume Charloux

Al-Kharj est l’une des oasis majeures de la région du Nejd, au centre du royaume d’Arabie Saoudite. L’oasis doit sa fertilité à un contexte géographique particulier (convergence d’oueds, dolines et sources artésiennes). Ces conditions environnementales favorables ont fait de cette région une aire de peuplement permanente dont témoignent de nombreux sites archéologiques. Rare zone fertile d’Arabie centrale, la région de Kharj fut un carrefour privilégié sur les voies caravanières reliant le Yémen et le Hijâz aux rives du Golfe et à la Mésopotamie. Elle offre un cadre privilégié pour une étude archéologique, historique et environnementale, depuis les origines jusqu’à la période médiévale. Elle permet de nous éclairer sur les circulations des biens et des personnes en péninsule Arabique à travers le temps et sur le rôle qu’a joué le centre de la Péninsule au moment de la formation et de la diffusion de l’islam.
Le directeur du CEFAS participe depuis 2011 à ce projet en Arabie Saoudite, dans le cadre de ses travaux sur les royaumes de l’Arabie antique. En effet, Yamama se situe dans une région que l’archéologie n’a pratiquement pas exploré. Les référents habituels manquent pour toute la région centrale de l’Arabie Saoudite. La documentation archéologique disponible provient presque intégralement de prospections de surface, la culture matérielle n’a encore pas pu être décrite en chronologie en se fondant sur des séquences stratigraphiques sûres.
La mission archéologique franco-saoudienne dans l’oasis d’al-Kharj a effectué sa 4e campagne de terrain du vendredi 23 janvier au jeudi 26 février 2015. Elle était conduite par Jérémie Schiettecatte (CNRS, Paris) et Abdalaziz al-Ghazzi (université du roi Saud, Riyadh). Elle a bénéficié du financement du ministère des Affaires étrangères, du Labex ResMed [ANR-10-LABX-72], du programme Convergence de l’Idex SUPER (Sorbonne Universités), de l’UMR 8167 Orient & Méditerranée, de l’université Paris-Sorbonne Abu Dhabi, du Deutsches Archäologisches Institut, de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, de l’université King Saud et de la Saudi Commission for Tourism and Antiquities (SCTA).
La mission a réuni une équipe de 20 chercheurs et étudiants français, allemands et saoudiens, spécialisés dans des domaines variés (archéologie, archéozoologie, archéobotanique, géomorphologie, palynologie, photogrammétrie, topographie).
Six opérations ont été menées au cours de la campagne de 2015 :
1) Sur le site d’al-Yamāma, poursuite de la fouille de la grande mosquée (Area N6, Building 1) et des structures attenantes sous la conduite de P. Siméon (Pergamon Museum), A. Rosak, Said al-Utaybi (SCTA) et Abdalaziz al-Nafissa (SCTA). L’édifice a été intégralement dégagé et des sondages ont été réalisés sous ce dernier, à l’intérieur et à l’extérieur de la structure, afin de cerner la succession des occupations et l’hypothèse d’une continuité fonctionnelle du secteur. Cette dernière a été infirmée, aucun lieu de culte plus ancien n’ayant été mis au jour sous la mosquée.
2) Sur le site d’al-Yamāma, initiation d’un sondage profond au sud du site (Area K17, Sounding 4) par J. Cuny (INRAP), F. Laruaz (Univ. Paris 1) et Khaled al-Hafi (SCTA, Riyadh) afin de cerner l’extension du site aux différentes périodes d’occupation et de caractériser la transition préislamique/islamique. Deux occupations ont été identifiées : une moderne (15e-18e s.) et une occupation plus ancienne que le matériel ne permet pas de dater. Les analyses 14C sont en cours.
3) Sur le site d’al-Yamāma, poursuite de l’étude des témoins bio-archéologiques issus des différents secteurs de fouille par H. Monchot et Ch. Bouchaud (MNHN) afin de caractériser les économies agro-pastorales et leurs évolutions. Des analyses de morphométrie géométrique sur des noyaux de dattes et des graines de coton ainsi que des analyses isotopiques sur des dents de dromadaires et d’ovi-caprinés vont être conduites afin de fournir des indicateurs de l’introduction et de l’évolution des espèces végétales, animales et produits transformés au sein de l’oasis.
4) Dans l’oasis d’al-Kharj, poursuite de l’étude géomorphologique (A. Chabrol, EfA ; E. Fouache, PSUAD ; Abdalaziz al-Hammad, SCTA) et palynologique (M. Diniès, DAI) par la réalisation de forages dans l’un des paléolacs majeur de l’oasis, au lieu-dit al-Hayāthim. Des échantillons sédimentologiques et palynologiques ont été prélevés dans les niveaux lacustres afin de reconstituer les dynamiques paysagères et climatiques de l’Holocène en Arabie centrale.
5) Sur les sites AK-22 et AK-31, dans le secteur d’al-Rufayaʿ, poursuite de l’étude de l’industrie lithique et des occupations du Pléistocène par R. Crassard (CNRS, Lyon) et Y. Hilbert. Le site AK-31 présente une stratigraphie de plus de deux mètres de profondeur, fait rarissime en péninsule Arabique, et daterait du paléolithique moyen. Des prélèvements de sédiments ont été réalisés en vue de datations OSL. L’étude de ces sites apporte des éléments de réponse aux problématiques de la diffusion de l’Homme moderne hors du berceau africain.
6) Dans le secteur d’al-Rufayaʿ, une tombe en pierre sèches protohistorique a fait l’objet d’une fouille par A. al-Ghazzi et S. Tayrān (Université King Saud).

Rapports annuels :
2011 : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00670367
2012 : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00797003
2013 : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01062149