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Mission archéologique franco-saoudienne dans l’archipel de Farasan (Arabie Saoudite)

publié le , mis à jour le

Dirigée par François Villeneuve et Solène Marion de Procé (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne / UMR 7041)

Mission soutenue par la Saudi Commission for Tourism and Antiquities, le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France en Arabie Saoudite, l’Institut Universitaire de France et le CEFAS

Les travaux de la mission archéologique franco-saʿūdienne de Farasān dirigée par F. Villeneuve (Arabie Saoudite) ont débuté à la suite de la découverte d’une inscription latine en 2004, témoignant de la présence d’un détachement de l’armée romaine à Farasān ; de courtes missions en 2005, 2006 et 2011 ont permis d’évaluer l’importance du potentiel archéologique de l’archipel grâce à des prospections visant à dresser une carte archéologique des îles. Deux groupes de sites ont été sélectionnés dont les problématiques concernent trois périodes distinctes. Ils ont fait l’objet de relevés et de sondages en 2013 et 2014. Le premier ensemble archéologique est situé dans une plaine argileuse appelée wādī Matar, au sud-est de l’île principale. La céramique de surface indique plusieurs phases d’occupation : tout d’abord au début du Ier mill. av. J.-C., puis au début de l’ère chrétienne et enfin pendant l’Antiquité Tardive. Au tournant de l’ère chrétienne, la nature de l’occupation pourra être précisée en poursuivant les sondages entamés en novembre 2013 sur un lieu de culte (WM-2/C) et en élargissant les recherches aux structures voisines, les nécropoles associées à ce site restent à découvrir. La question des moyens de subsistance est vouée à recevoir une attention particulière grâce à l’étude géomorphologique du paysage entamée cette année.

Les deux dernières campagnes de l’équipe franco-saʿūdienne à Farasān (composée en 2013 de F. VILLENEUVE, P.-M. BLANC, B. RIBA et S. MARION DE PROCE ; et rejointe en 2014 par C.S. PHILLIPS, G. DAVTIAN et K. PAVLOPOULOS) se sont déroulées entre les mois de novembre et décembre. Plusieurs groupes de structures ont été distingués et relevés afin de dresser un plan du site « Wādī Maṭar 2 ». Le groupe « A » consiste en diverses structures (de taille petite à moyenne) séparées par plusieurs mètres, le matériel de surface témoigne d’au moins deux phases d’occupation (début du Ier millénaire av. J.-C. et début du Ier millénaire apr. J.-C.). Le groupe « B » est une zone densément construite, présentant une architecture monumentale dans certains secteurs, les mêmes phases d’occupation sont représentées dans le matériel de surface. Enfin, le groupe « C » représente un petit temple sur lequel les travaux de la campagne 2014 se sont concentrés. Ce lieu de culte est situé au centre d’un périmètre délimité par des blocs fichés dans le sol. L’objectif était de clarifier le dispositif d’accès, le plan et la date du temple. La façade occidentale a été fouillée jusqu’au rocher naturel, situé à une vingtaine de centimètres seulement sous le niveau de sol actuel, révélant un mobilier datable des Ier/IIe s. apr. J.-C. Le dispositif d’accès est constitué d’une sorte de terrasse construite contre et dans le prolongement de la façade occidentale, remplie de blocs de taille moyenne probablement destinée à soutenir un dallage aujourd’hui disparu. Celle-ci est précédée à l’ouest d’une avancée plus étroite bâtie dans l’axe central dont les blocs semblent avoir appartenu à un escalier. Au sein du périmètre « sacré » délimité par les blocs dressés, d’autres pièces ont été observées. L’ouverture d’un sondage entre la façade méridionale et l’une d’entre elles devrait permettre de déterminer leur relation chronologique. Le nombre d’assises conservées nous permet d’espérer une stratigraphie plus substantielle à l’intérieur du temple.

En parallèle, les travaux archéologiques de la mission ont porté sur une nécropole tardo-antique dans le Wādī Shāmi (nord-est de l’île principale) qui représente une période clé dans l’histoire du sud de la mer Rouge. Le représentant local de la SCTA (Saudi Commission for Tourism and Antiquities) nous a présenté ce site en 2011. Les pillages répétés nous ont incité à réaliser des opérations de sauvetages sur cette région de l’archipel, particulièrement en proie aux fouilles illicites.
Au cours de cette campagne, l’intervention d’un géomorphologue (K. Pavlopoulos) viendra éclairer l’évolution du cadre environnemental depuis trois millénaires. Par ailleurs, un géomaticien (G. Davtian) a cartographié les sites et sondages réalisés. Enfin, l’équipe a effectué une mise à jour de la documentation des collections privées d’érudits farasānites par le relevé et la documentation d’objets archéologiques.