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Mission archéologique franco-saoudienne dans l’archipel de Farasan (Arabie Saoudite)

publié le , mis à jour le

Responsable

Solène MARION DE PROCE (archéologue, chercheure associé au CEFAS)

Partenariats

- Saudi Commission for Tourism and National Heritage (SCTH)
- Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France en Arabie Saoudite
- CNRS (UMR 7041, ArScAn, équipe Archéologie du Proche-Orient hellénistique et romain ; équipes des membres associés)
- Demande de financement effectuée : Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (Commission des fouilles)
- Demandes de financement à venir : National Geographic, Fonds Khéops pour l’archéologie, British Foundation for the Study of Arabia.

Membres de l’équipe

Pierre-Marie BLANC (CNRS, UMR 7041, équipe Archéologie du Proche-Orient hellénistique et romain), Charlène BOUCHAUD (CNRS, Muséum d’histoire naturelle, UMR 7209), Gourguen DAVTIAN (CNRS, CEPAM UMR 7264), Lara FLEURY (étudiante M2, université Paris 1), Kosmas PAVLOPOULOS (géomorphologue, Paris-Sorbonne University Abu Dhabi), Bertrand RIBA (Institut Français du Proche-Orient, USR 3135), Jacqueline STUDER (Muséum de Genève), François VILLENEUVE (Université Paris 1, UMR 7041 - ArScAn)

Projet

Les travaux de la mission archéologique franco-saoudienne de Farasān dirigée par S. Marion de Procé (depuis 2017, auparavant par F. Villeneuve) ont débuté à la suite de la découverte d’une inscription latine en 2004, témoignant de la présence d’un détachement de l’armée romaine à Farasān. De courtes missions en 2005, 2006 et 2011 ont permis d’évaluer l’importance du potentiel archéologique de l’archipel grâce à des prospections visant à dresser une carte archéologique des îles. Deux groupes de sites ont été sélectionnés dont les problématiques concernent trois périodes distinctes : la période de transition entre l’âge du Bronze et la période des royaumes sudarabiques (9ème s. av. n. è.) ; le tournant d’ère et les premiers siècles de notre ère (lors de l’occupation romaine) et l’Antiquité Tardive (6ème – 8ème s.) alors que des conflits font rage entre le royaume aksumite soutenu par Byzance et le royaume ḥimyarite soutenu par la Perse et que la région s’apprête à être converti à l’islam.
Ces sites ont fait l’objet de relevés et de sondages en 2013 et 2014. Le premier ensemble archéologique est situé dans une plaine argileuse appelée Wādī Matar, au sud-est de l’île principale. La céramique de surface indique plusieurs phases d’occupation : tout d’abord au début du 1er millénaire av. n. è., puis au début de notre ère et enfin pendant l’Antiquité Tardive. Au cours des campagnes 2013-2014, plusieurs groupes de structures ont été distingués et relevés afin de dresser un plan du site « Wādī Maṭar 2 ». Le groupe « A » consiste en diverses structures (de taille petite à moyenne) séparées par plusieurs mètres, le matériel de surface témoigne d’au moins deux phases d’occupation (début du 1er mill. av. n. è. et au début de notre ère). Le groupe « B » est une zone densément construite, présentant une architecture monumentale dans certains secteurs, les mêmes phases d’occupation sont représentées dans le matériel de surface. Enfin, le groupe « C » représente un petit temple sur lequel les travaux de la campagne 2014 se sont concentrés.
Le deuxième ensemble archéologique étudié en parallèle dans le cadre de ce projet est la grande plaine du Wādī Shāmī, qui représente l’extrémité nord-est de l’île principale. Son patrimoine archéologique est quasiment entièrement inconnu. Il s’agit donc de réaliser une carte archéologique de cet ensemble grâce à des prospections systématiques.
Un ensemble de sites a toutefois déjà attiré l’attention de la mission franco-saoudienne : il s’agit d’une nécropole tardo-antique, témoin d’une période clé dans l’histoire de la région, peu documentée archéologiquement. Les pillages répétés ont motivé l’entreprise d’une petite fouille de sauvetage sur une des tombes dans ce secteur particulièrement en proie aux fouilles illicites. La mission réalisée en 2017 a permis de localiser l’ensemble domestique associé à cette nécropole, ouvrant de nombreuses perspectives de recherches sur cet ensemble.
La situation régionale ainsi que la préparation d’un futur quadriennal ont entrainé l’absence de travaux de terrain en 2015 et 2016 ; les travaux ont repris en 2017, première année d’un programme quinquennal approuvé par la Saudi Commission for Tourism and Antiquities. L’étude et l’analyse des données récoltées sur le terrain lors des missions 2013 et 2014 se sont poursuivies. Le projet prévoit l’intervention de spécialistes : Ch. Bouchaud pour les restes végétaux, J. Studer pour la faune et K. Pavlopoulos pour le paléoenvironnement (l’étude des paléorivages notamment). Enfin, l’étude de la céramique dont la documentation est étoffée à chaque mission au moyen de photographies, dessins et descriptions. Une étudiante (L. Fleury) a entrepris l’étude de ce grand corpus en 2017 afin de finaliser un catalogue céramique des productions locales et importées présentes à Farasān. Celui-ci pourra être publié en ligne en guise de document de travail pour les spécialistes de la région.

Action prévues (2017-2022)

Un accord de 5 ans a été signé en 2017 avec la SCTH, avec possibilité de renouvellement selon l’avancement du projet.

Terrain

Les missions ont lieu une fois par an au mois de décembre ou janvier pour une durée d’un mois. L’équipe sera divisée en trois groupes : un groupe d’étude du matériel, un groupe d’archéologues pour les travaux dans le Wādī Shāmī et un dernier groupe pour les fouilles du Wādī Maṭar.

Rencontres et valorisation

Les travaux de la mission seront présentés aux Rencontres Sabéennes 2018 (23 juin 2018 à la Maison de l’Archéologie de Nanterre) ainsi que lors du Seminar for Arabian Studies de Londres (2018 ou 2019).
Conférences : CEFAS ; SCAC Riyad.

Publications

Plusieurs articles sont en cours de préparation : un premier portera sur les fouilles menées dans le temple du Wādī Maṭar ; un second sur les prospections menées dans le Wādī Shāmī. D’autres verront le jour au fur et à mesure de l’avancée des travaux.

ARCHIVES 2004-2017

Mission archéologique franco-saoudienne dans l’archipel de Farasan (Arabie Saoudite)

Dirigée par François Villeneuve et Solène Marion de Procé (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne / UMR 7041)

Mission soutenue par la Saudi Commission for Tourism and Antiquities, le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France en Arabie Saoudite, l’Institut Universitaire de France et le CEFAS

Les travaux de la mission archéologique franco-saʿūdienne de Farasān dirigée par F. Villeneuve (Arabie Saoudite) ont débuté à la suite de la découverte d’une inscription latine en 2004, témoignant de la présence d’un détachement de l’armée romaine à Farasān ; de courtes missions en 2005, 2006 et 2011 ont permis d’évaluer l’importance du potentiel archéologique de l’archipel grâce à des prospections visant à dresser une carte archéologique des îles. Deux groupes de sites ont été sélectionnés dont les problématiques concernent trois périodes distinctes. Ils ont fait l’objet de relevés et de sondages en 2013 et 2014. Le premier ensemble archéologique est situé dans une plaine argileuse appelée wādī Matar, au sud-est de l’île principale. La céramique de surface indique plusieurs phases d’occupation : tout d’abord au début du Ier mill. av. J.-C., puis au début de l’ère chrétienne et enfin pendant l’Antiquité Tardive. Au tournant de l’ère chrétienne, la nature de l’occupation pourra être précisée en poursuivant les sondages entamés en novembre 2013 sur un lieu de culte (WM-2/C) et en élargissant les recherches aux structures voisines, les nécropoles associées à ce site restent à découvrir. La question des moyens de subsistance est vouée à recevoir une attention particulière grâce à l’étude géomorphologique du paysage entamée cette année.

Les deux dernières campagnes de l’équipe franco-saʿūdienne à Farasān (composée en 2013 de F. VILLENEUVE, P.-M. BLANC, B. RIBA et S. MARION DE PROCE ; et rejointe en 2014 par C.S. PHILLIPS, G. DAVTIAN et K. PAVLOPOULOS) se sont déroulées entre les mois de novembre et décembre. Plusieurs groupes de structures ont été distingués et relevés afin de dresser un plan du site « Wādī Maṭar 2 ». Le groupe « A » consiste en diverses structures (de taille petite à moyenne) séparées par plusieurs mètres, le matériel de surface témoigne d’au moins deux phases d’occupation (début du Ier millénaire av. J.-C. et début du Ier millénaire apr. J.-C.). Le groupe « B » est une zone densément construite, présentant une architecture monumentale dans certains secteurs, les mêmes phases d’occupation sont représentées dans le matériel de surface. Enfin, le groupe « C » représente un petit temple sur lequel les travaux de la campagne 2014 se sont concentrés. Ce lieu de culte est situé au centre d’un périmètre délimité par des blocs fichés dans le sol. L’objectif était de clarifier le dispositif d’accès, le plan et la date du temple. La façade occidentale a été fouillée jusqu’au rocher naturel, situé à une vingtaine de centimètres seulement sous le niveau de sol actuel, révélant un mobilier datable des Ier/IIe s. apr. J.-C. Le dispositif d’accès est constitué d’une sorte de terrasse construite contre et dans le prolongement de la façade occidentale, remplie de blocs de taille moyenne probablement destinée à soutenir un dallage aujourd’hui disparu. Celle-ci est précédée à l’ouest d’une avancée plus étroite bâtie dans l’axe central dont les blocs semblent avoir appartenu à un escalier. Au sein du périmètre « sacré » délimité par les blocs dressés, d’autres pièces ont été observées. L’ouverture d’un sondage entre la façade méridionale et l’une d’entre elles devrait permettre de déterminer leur relation chronologique. Le nombre d’assises conservées nous permet d’espérer une stratigraphie plus substantielle à l’intérieur du temple.

En parallèle, les travaux archéologiques de la mission ont porté sur une nécropole tardo-antique dans le Wādī Shāmi (nord-est de l’île principale) qui représente une période clé dans l’histoire du sud de la mer Rouge. Le représentant local de la SCTA (Saudi Commission for Tourism and Antiquities) nous a présenté ce site en 2011. Les pillages répétés nous ont incité à réaliser des opérations de sauvetages sur cette région de l’archipel, particulièrement en proie aux fouilles illicites.
Au cours de cette campagne, l’intervention d’un géomorphologue (K. Pavlopoulos) viendra éclairer l’évolution du cadre environnemental depuis trois millénaires. Par ailleurs, un géomaticien (G. Davtian) a cartographié les sites et sondages réalisés. Enfin, l’équipe a effectué une mise à jour de la documentation des collections privées d’érudits farasānites par le relevé et la documentation d’objets archéologiques.