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Journée des jeunes chercheurs sur le Golfe

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La seconde journée des jeunes chercheurs sur la région du Golfe s’est déroulée le vendredi 2 octobre 2015 à Nanterre. Nous remercions le CEFAS et le LESC qui ont soutenu son organisation.
La journée a réuni une quinzaine de jeunes chercheurs, archéologues, historiens, politologues, géographes, anthropologues et sociologues, travaillant dans divers pays de la péninsule Arabique et du Golfe (Arabie Saoudite, Emirats arabes unis, Iran, Oman, Yémen). Une majorité des participants y assistaient pour la première fois, soulignant l’importance d’offrir un rendez-vous régulier. La présence d’étudiants de Master montre aussi l’intérêt que peut avoir ce type de réseau pour transmettre les informations entre jeunes chercheurs.
Une partie de la matinée a été consacrée à la discussion de l’état de l’art sur la région dans l’ensemble des disciplines représentées. Les difficultés spécifiques aux terrains du Golfe et à la structuration de la recherche ont été évoquées. La table ronde de l’après-midi a été consacrée à l’évocation des ressources disponibles pour les jeunes chercheurs : les institutions d’accueil dans les pays du Golfe, les offres de post-doctorat et la page des doctorants sur le site du CEFAS, pour laquelle un certain nombre de suggestions ont été faites.

Liste des participants :
Présents : Nora AFIF (doctorante, Paris Ouest Nanterre), Olga ANDRIYANOVA (doctorante, Paris I), Laure ASSAF (doctorante, Paris Ouest Nanterre), Louise BEAUJOUAN-LILLIE (M2/agrégative, Paris I), , Elsa BEDOS (doctorante, Sciences Po), Romain CALVARY (doctorant, EHESS), Virginia CASSOLA (doctorante, Ecole du Louvre/Université de Lorraine), Asyeh GHAFOURIAN (doctorante), Fanny LARUAZ (M2, Paris I) , Sterenn LE MAGUER, Kevin LIDOUR (doctorant, Paris I), Hanan MALOOM (post-doctorante, IREMAM), Amin MOGHADAM (post-doctorant, Aix-Marseille), Philippe PETRIAT (post-doctorant, Paris I), Pierre SIMEON (post-doctorant, Musée d’arts islamique de Berlin/UMR Orient & Méditerranée), Ricarda STEGMANN (post-doctorante, Université de Fribourg).
Excusés : Sylvaine CAMELIN (LESC, Paris Ouest), Hélène THIOLLET (Sciences Po).

1. Etat de l’art

La présentation par chaque participant de l’état de l’art de sa discipline a permis de donner un aperçu des évolutions scientifiques des études réalisées sur les pays du Golfe, et des études menées dans ces pays en archéologie, en anthropologie, en sociologie et en histoire. Les terrains représentés couvraient l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, l’Iran, Oman et le Yémen.
Les interventions et les échanges qu’elles ont suscités ont mis en évidence quelques points communs.
Au cours des années 2000, et au moins jusqu’aux printemps arabes, l’ouverture des champs de la recherche à des sujets portant sur des thèmes sensibles et/ou sur les époques récentes (période contemporaine, deuxième moitié du 20e siècle) est constatée. Cumulée avec la mise en place d’institutions européennes (comme le Louvre et la Sorbonne à Abu Dhabi), cette ouverture, plus officieuse qu’officielle, rend possibles la recherche et les entretiens avec des acteurs locaux qui, auparavant, auraient été beaucoup moins évidents à mener : la période préislamique en Arabie Saoudite, le règne du sultan Qaboos et les conflits comme celui du Dhofar en Oman, les études sur les migrations aux Emirats, en sont quelques exemples. Les recherches sur les musées et leur histoire sont facilitées par la professionnalisation des acteurs locaux, l’ouverture de formations dans les pays du Golfe et en Arabie Saoudite. Plusieurs participants relèvent par exemple le phénomène d’ouverture par des particuliers de petits musées privés, rassemblant des objets et documents de plusieurs époques autour de thèmes variés (l’histoire des femmes aux Emirats, le folklore, etc). Leurs fonds et leurs fondateurs sont souvent intéressants.
La recherche conserve néanmoins des sujets en angle-mort, soit en raison du désintérêt ou des incapacités des chercheurs (exemple déjà évoqué lors de la précédente journée de 2014 : recherches impliquant à la fois l’Iran et les pays arabes du Golfe ; études sur les arrière-pays des ports : travaux sortant des études sur les échanges marchands en archéologie), soit en raison de leur caractère sensible (hiérarchies sociales, études quantitatives sur les migrations qui exigeraient un accès aux archives gouvernementales, études en science des religions et sur le fonctionnement des institutions officielles comme les tribunaux). Depuis 2011 au Yémen et dans les Emirats, et au moins depuis le changement de roi en Arabie Saoudite, l’ouverture sentie tend à s’effacer. Les interventions sont ainsi plus difficiles dans les universités et institutions officielles, où des autorisations sont désormais exigées.
L’intérêt des institutions officielles comme des acteurs privés pour les archives est croissant. Les Etats du Golfe ont lancé des programmes de numérisation et d’enregistrement des archives écrites et orales, de collecte des documents officiels et privés, d’acquisition de copies d’archives étrangères. Il faut toutefois relever que ces entreprises restent inabouties et que la consultation de la documentation collectée n’est pas toujours rendue possible. Les historiens relèvent l’engouement pour la publication d’archives et de manuscrits, pas toujours critiques ou commentées, par des institutions officielles (en Oman : le ministère de la Culture et du Patrimoine et la Hay’at al-watha’iq ; en Arabie Saoudite, la Dârat al-malik ’Abd al-’Aziz) comme par des institutions et personnes privées. En Iran, les archives du ministère des Affaires étrangères sont par exemple accessibles après le passage d’un entretien. Les pistes prometteuses mais encore très peu pratiquées de l’histoire ottomane de la région doivent aussi attirer l’attention des historiens sur les archives conservées en Turquie. Comme les archives françaises et iraniennes, elles permettraient de sortir de l’histoire encore majoritairement britannique et impériale de la région.
Hormis la discipline archéologique, où elle est à la fois indispensable et bien rôdée avec les universités et institutions locales, la collaboration avec les collègues locaux reste difficile et tous les participants à la journée s’accordent sur le fait qu’ils travaillent plus aisément avec des contacts réalisés hors des champs académiques et institutionnels. Les thèmes de recherche et les approches empruntées restent souvent différents entre les chercheurs européens (plusieurs participants relèvent aussi des différences d’approche et une collaboration difficile avec leurs collègues anglais et américains qui donnent l’impression de se désintéresser des chercheurs non anglo-saxons) et les chercheurs arabes. Pourtant, le mouvement entamé depuis les années 1990 pour le recrutement de chercheurs et enseignants locaux (i. e. non immigrés) et pour la stabilisation des chercheurs et enseignants étrangers (qui repartent souvent au bout de 2 à 3 ans) pourraient faciliter les contacts et les échanges. Les difficultés d’accès aux institutions officielles empêchent par exemple la réalisation d’études sur la sociologie de ces institutions et de leurs acteurs.

2. Difficultés rencontrées

Les échanges se sont conclus par quelques préoccupations des jeunes chercheurs sur les difficultés rencontrées.
Les universités étrangères, qui pourraient être de bons relais et des structures d’accueil (cf. points sur les post-docs et sur l’accueil) sont encore mal ancrées localement : leur recrutement reste très extra-local, leur campus sont isolés. Quand elles invitent des chercheurs étrangers (ex. des universités américaines et française aux Emirats) cela reste confidentiel. Ce n’est pas le cas lorsqu’on se rend dans des universités locales, telle que l’université de Nizwa en Oman. En outre, la recherche menée localement est souvent très différente, à la fois du point de vue des formations, des objets et des méthodes, ce qui rend les interactions avec des chercheurs locaux difficiles. Les financements locaux sont en général fléchés sur les sujets de recherche mis en avant par les Ministères (en particulier le patrimoine).
En France, il reste difficile pour les doctorants de trouver des encadrants et et des directeurs de recherche qui conjuguent à la fois la maîtrise disciplinaire et la connaissance du terrain local (exemple donné en sociologie de l’enseignement supérieur, et c’est aussi le cas en archéologie islamique). Un autre problème concerne la définition géographique de la région : les doctorants travaillant sur des sujets transnationaux (par exemple sur les deux rives du Golfe) soulignent la difficulté à savoir à quel centre s’adresser pour des financements.
Les difficultés linguistiques restent un point majeur soulevé par les chercheurs, qui ont tous conscience de la nécessaire pratique de l’arabe courant pour leurs contacts sur place. La question des stages d’arabe (y compris annuels) au CEFAS d’abord, ailleurs ensuite, est unanimement jugée importante, en dépit de la possibilité qui existe déjà de faire des séjours prolongés sur place et de prendre des petits cours particuliers.
Enfin, les visas restent une préoccupation des chercheurs, notamment ceux qui travaillent en Arabie Saoudite (4 participants) et qui sont inquiets du départ du CEFAS alors que les institutions locales ne sont pas toujours fiables (les services diplomatiques français n’y soutiennent pas les chercheurs et ne répondent pas aux demandes de visa ; les centres comme le King Faisal Center ne répondent pas toujours non plus). De façon générale, les modalités de l’accès aux terrains soulignent à la fois la nécessité des jeunes chercheurs et en particulier des chercheurs débutant sur leurs terrains, de pouvoir compter à la fois sur une structure comme le CEFAS sur place, et sur des contacts actualisés et facilités avec les chercheurs confirmés pour bénéficier de leurs conseils et de leurs réseaux dans des pays où les contacts personnels restent indispensables et où les conditions d’accès évoluent rapidement. L’annuaire des doctorants et chercheurs liés au CEFAS n’en est que plus important.

1. POST-DOC
 Research Fellowships in the Humanities (New York University Abu Dhabi)
http://nyuad.nyu.edu/en/research/nyuad-institute/institute-research/research-fellowships-in-the-humanities.html
 Postdoctoral Research Award (Qatar National Research Fund/Qatar University)
http://www.qnrf.org/en-us/Funding/Capacity-Building-and-Development-Programs/Postdoctoral-Research-Award-PDRA
 Qatar Post-Doctoral Fellowship et American Druze Foundation Postdoctoral Fellowship (Georgetown University, Qatar)
https://ccas.georgetown.edu/postdoc-fellowships
 Kuwait Program : http://www.sciencespo.fr/psia/kuwait-program
 Chaire de Dialogue des Cultures : contrats postdoctoraux et bourses de mobilité :
http://www.univ-paris1.fr/de/chaires/chaire-dialogue/

 Zentrum Moderner Orien (Berlin)
https://www.zmo.de/index_e.html
 German Institute of Global and Area Studies (Hambourg). Invitation de chercheurs post-doctorants, plutôt en sciences politiques.
https://www.giga-hamburg.de/en
 En Oman : Possibilités de séjour d’apprentissage de l’arabe (Sultan Qaboos University), de financer un séjour par la proposition de conférences (Université de Nizwa).
 Où trouver d’autres informations : ? Adhérez aux associations Halqa et Diwan :
Diwan: http://diwan.hypotheses.org/
Halqa: https://halqa.hypotheses.org/
American Association of Teachers of Arabic: http://www.aataweb.org/

2. ACCUEIL
Les institutions suivantes peuvent accueillir des chercheurs et fournir les documents nécessaires à la délivrance des visas.
Nous indiquons les pages où trouver les informations nécessaires. Il ne faut pas hésiter à contacter les doctorants qui ont déjà fréquenté ces institutions et pays (adresses sur la page des doctorants du CEFAS : http://cefas.cnrs.fr/spip.php?article86).
 Oman : Ministère du Patrimoine et Culture accueille et loge archéologues dans des maisons sur lettre de recommandation du CEFAS ; missions accueillies dans pays du Golfe (EAU, Koweït).
 Arabie Saoudite : KFCRIS : http://www.kff.com/en/King-Faisal-Center-for-Research-Islamic-Studies
 EAU : le CEFAS a un accord avec la Sorbonne Abu Dhabi pour les logements, mais il faut prévoir 4 mois à l’avance afin de soumettre le dossier personnel aux services de sécurité émiriens ; les moyens informels fonctionnent mieux que les canaux officiels (voir par exemple le site d’annonces « dubbizle »). Il est facile d’obtenir des visas touristes pour les passeports occidentaux (renouvellement par simple passage de la frontière omanaise).
 Iran : depuis la fermeture de l’IFRI, il n’existe plus de possibilités officielles ; accès toujours possible aux archives du MAE iranien (avec prise de rendez-vous et après entretien ; difficultés semblent venir avec copie).
 Koweït : CEFAS : http://cefas.cnrs.fr/