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Rapport d’activité 2016

publié le

Rapport d’activité 2016

Résumé du rapport

L’année 2015 a été principalement consacrée à la relocalisation du CEFAS dans un pays du Golfe Arabo- persique. Deux options avaient été discutées lors du dernier conseil scientifique du printemps 2015, Bahrein et Koweit, discussions qui avaient plutôt privilégié l’option Koweit.

Et le choix s’est finalement porté sur Koweit pour plusieurs raisons :
- très fort soutien du poste de Koweit et de son ambassadeur Christian Nakhlé
- rapide et constructive réponse des autorités koweitiennes à nos propositions
- bon répondant des institutions académiques très favorables à des coopérations
- paysage partenarial a priori favorable à des soutiens financiers
- plus grande ouverture au débat (parlementaire, presse, société civile) qu’ailleurs dans le Golfe.

Le directeur du CEFAS tient à remercier tout particulièrement François Pradal, attaché de coopération universitaire, qui a suivi les négociations avec les autorités koweitiennes, monté les missions préparatoires du directeur au Koweit, et qui l’a très efficacement introduit dans les réseaux académiques et institutionnels, lors de ces missions et durant les mois qui ont suivi son installation dans le pays.

Le CEFAS est maintenant installé dans de nouveaux locaux au Koweit à coût zéro. Des espaces administratifs, des bureaux et un espace d’hébergement sont progressivement aménagés, avec le soutien de l’ambassade. L’accueil d’une mission archéologique a déjà été possible, ainsi que de chercheurs de passage, et deux stagiaires y sont en résidence. Des boursiers AMI vont être reçus à partir du mois de juin.

Le directeur y est assisté d’un secrétaire-comptable recruté le 1er janvier 2016. Une régie d’avances et de recettes a été ouverte pour l’antenne du CEFAS au Koweit dont le régisseur a été nommé le 1er février 2016.

A Sanaa, des locaux avaient été réservés au CEFAS dans les bâtiments de l’Institut Français du Yémen, dans lesquels se sont installés les personnels du CEFAS à Sanaa jusqu’au début des bombardements de la coalition menée par l’Arabie Saoudite. Aujourd’hui tout le matériel du CEFAS, les archives et la bibliothèque sont en caisses, et le centre est fermé.

En Arabie Saoudite, le directeur a quitté son bureau mis à disposition par le Consulat Général à Djeddah le 31 août 2015. Nous remercions vivement ce consulat pour l’accueil fait au CEFAS, qui a soutenu efficacement ses activités durant les deux années de l’installation à Djeddah. Un chercheur CNRS, Mounir Arbach a été affecté à Riyadh au 1er septembre 2015. Son lieu de travail est un appartement mis à disposition gracieusement par la société EADS.

Le budget de l’établissement a connu une légère embellie en 2016. La dotation du MAEDI a été augmentée de 7,34% (135 000 EU). Le CNRS, en plus de sa subvention (13 000 EU) a versé une dotation exceptionnelle de 10 000 EU, et à partir de 2016 la revue Arabian Humanities bénéficie d’un soutien de 1500 EU par an (au lieu de 1000 EU les deux années antérieures).

Deux licenciements ont été pratiqués au Yémen le 31 décembre 2015, celui du bibliothécaire et celui du comptable. Deux personnels restent dans ce pays, un chercheur et la responsable des éditions du CEFAS. Ces deux ADL sont absolument nécessaires au bon fonctionnement du CEFAS ; les provisions au budget de l’établissement ont néanmoins été complétées pour faire face à leur éventuel départ volontaire conjugué, en raison de la situation sécuritaire au Yémen.

Un personnel administratif a été recruté au Koweit au 1er janvier 2016, gestionnaire en charge de la comptabilité de l’établissement en lien avec la trésorerie de Djibouti.

Jusqu’à cette date, la gestion administrative et financière du CEFAS, déjà difficile en raison de la relocalisation du directeur en Arabie Saoudite, était devenue acrobatique depuis la fermeture de sa régie d’avance au Yémen.

Pour la première fois depuis 2011, le CEFAS accueille un chercheur CNRS en affectation pour deux ans (Mounir Arbach, CR, épigraphiste, en poste à Riyadh depuis le 1er sept. 2015).

Depuis 2011, aucune bourse doctorale n’avait non plus été proposée. Le conseil scientifique aura cette année à examiner les candidatures pour une bourse qui est offerte pour un an renouvelable.

Le travail éditorial est un axe prioritaire du CEFAS. Dans ce domaine l’appui du CEFAS est recherché. Les évènements au Yémen ont tari des sources de financement (compagnies pétrolières et Fonds Social de Développement) fragilisant certains projets en cours. Des soutiens ponctuels ont été obtenus en Arabie Saoudite, mais ce terrain reste très limité par les restrictions imposées par la censure.

Les éditions en ligne sont une priorité. Désormais sous la responsabilité d’Eric Vallet (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chercheur associé au CEFAS), la plateforme a ouvert en 2015. Sous son impulsion, les premiers ouvrages ont été mis en ligne par le service éditorial, et plusieurs autres sont en cours de traitement.

Beaucoup d’ouvertures et de propositions de coopérations donnant lieu à des financements n’ont pu aboutir faute de réponse, les chercheurs associés étant déjà très investis d’ans d’autres projets. Pour l’heure, le CEFAS tente d’être un facilitateur régional pour toutes les équipes et les chercheurs opérant dans la péninsule arabique, en explorant les potentiels de coopération, les ouvertures financières et en promouvant les manifestations scientifiques et la mise en place de nouveaux projets. Une quarantaine de chercheurs ont bien voulu s’associer formellement au CEFAS, lui donnant la légitimité nécessaire pour approcher les partenaires institutionnels.

Désormais installé au Koweit, le CEFAS dispose à nouveau des moyens de son ambition, d’être un véritable laboratoire d’accueil en même temps qu’un relais local efficace pour les institutions et les chercheurs venus de France. C’est maintenant vers la recherche de moyens directement voués aux projets scientifiques propres que doivent se porter nos efforts. Il s’agit, en lien avec les chercheurs associés, de reformuler des projets collectifs selon des axes de recherche qui répondent à la fois à nos intérêts scientifiques et aux préoccupations de nos partenaires de la région du Golfe.

Au Yémen, le CEFAS dans les limites de ses moyens, soutiendra tous les programmes permettant aux chercheurs et aux institutions de travailler dès que la situation politique et sécuritaire le permettra. Mais il est illusoire d’imaginer une reprise de ses activités dans ce pays dans un avenir proche. Même lorsque notre poste diplomatique ouvrira à nouveau pour accompagner le processus de reconstruction, il ne pourra être question d’ouvrir le CEFAS pour relancer la recherche scientifique dans un pays où la circulation des chercheurs hors de l’enceinte des bâtiments sécurisés ne sera pas autorisée.

Le CEFAS doit donc aujourd’hui se concentrer sur le Koweit, sur les moyens, les terrains et les collaborations qu’offrent les pays du Golfe, dans un projet à long terme pour qui lui permette de se reconstruire durablement.