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Cities of the Arab World in Pictures

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Images de projets urbains : du Golfe au Moyen-Orient (IPUGMO)

Responsables :
Roman Stadnicki, maître de conférences en géographie à l’Université de Tours (UMR Citeres)
Manuel Benchetrit, photographe

Programme soutenu par l’Action de Recherche Collaborative des universités de Tours et Poitiers et le CEFAS (rseponsable Roman Stadnicki, Université de Tours)

Dans la continuité d’une action déjà soutenue par le CEFAS en 2011, qui avait alors abouti à l’exposition photographique « Aux marges des villes du Golfe », le présent projet se propose d’interroger plus avant l’image de projet urbain dans le Golfe arabo-persique.

Mobilisant la géographie sociale, l’anthropologie, la photographie et plus largement les études urbaines, le projet IPUGMO s’inscrit dans une démarche pluridisciplinaire. Ce projet porte sur la production d’images urbaines (projets urbanistiques et architecturaux) et sur leur réception par les habitants. Il mêle le traitement de l’image par l’image (apport de la photographie) et les méthodes de recherches qualitatives telles que l’observation située et l’entretien (apport des sciences sociales). L’imagerie urbanistique, omniprésente, surdimensionnée et emblématique de la forte spéculation immobilière, est ainsi le point de départ d’une réflexion sur les tensions entre ville projetée/rêvée et ville vécue/perçue dans les pays du monde arabe et plus particulièrement dans ceux du Golfe. Le projet IPUGMO propose un regard interne sur ces images, par les interstices et sans jugement, où les sciences sociales s’interrogent sur les processus qui les produisent, les lieux et les hommes qui les reçoivent, tandis que la photographie en étudie les empreintes.

Le projet implique trois chantiers de recherche complémentaires.

Images d’images

Premièrement, il s’agira de réaliser des prises de vue (le photographe Manuel Benchetrit est membre du projet). Le premier objectif sera de mieux cerner les intentions à l’origine de ces images. Que veulent-elles nous montrer ? Révélant avant tout le pouvoir des organes de communication des promoteurs immobiliers, la multiplication de ces images vise en outre aujourd’hui à relativiser les effets de la crise financière de 2008 – laquelle avait engendré le gel d’un certain nombre de projets –, et à véhiculer une image des villes du Golfe comme producteurs avant-gardistes de territoires de la mondialisation. Mais dans quelles mesures certaines images caduques et décrépies qui pullulent de Mascate à Koweït-City ne dessinent-elles pas les limites d’un modèle d’urbanisation d’inspiration néolibérale fondé principalement sur le grand projet urbain privé ?

Lieux de l’imagerie

Deuxièmement, un travail minutieux de description des lieux dans lesquels sont édifiés les grands panneaux d’affichage devra être amorcé. Soit ces derniers, vastes chantiers, sont en rapport direct avec l’image affichée et l’on pourra alors observer l’état d’avancement des travaux, constater les éventuels retards de livraison, les inachèvements et les imprévus. Soit le lieu d’affichage est sans rapport direct avec le site du projet, stratégie fréquente, et l’on s’intéressera alors aux caractéristiques de ces espaces-vitrines et à ce qui y est accentué ou au contraire « invisibilisé » par le marketing urbain (friche, no man’s land, camp de travailleurs, habitat populaire, etc.).

Usages des images

Troisièmement, des entretiens pourront être réalisés avec les destinataires de ces images, ceux qui les pratiquent et les subissent au quotidien. L’on voudrait ainsi interroger cette frange de la jeunesse urbaine nationale qui porte un regard critique sur l’urbanisme néolibéral et son iconographie, soit de façon anodine en développant des sociabilités dans des lieux relativement ordinaires que sont les corniches, cafés et centres commerciaux, soit de façon plus radicale en contestant les modes de faire ou en se marginalisant socialement et spatialement.

Plusieurs chercheurs associés au CEFAS participent au projet : R. Stadnicki, L. Assaf, C. Montagne, E. Vandenheede, A. Alviso Marino.
Deux missions à Koweït-city ont été réalisées en juin et octobre 2017 par R. Stadnicki et M. Benchetrit. Parallèlement, C. Roussel s’est rendu au Kurdistan irakien dans le cadre de ce projet. Des missions sont programmées en 2018 en Oman, au EAU et au Bahreïn.