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Mission archéologique et épigraphique franco-saoudienne d’al-Bad‘ (Arabie Saoudite)

publié le

Responsables

Guillaume CHARLOUX (archéologue, CNRS, laboratoire Orient & Méditerranée, UMR 8167, chercheur associé au CEFAS)
Samer Ahmed SAHLAH (archéologue, King Saud University)

Partenariats

France

- Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS)
- Ministère Français de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE)
- SCAC de l’ambassade de France à Riyadh L’UMR 8167, Orient & Méditerranée, “Composante Mondes sémitiques”, Paris
- UMR 5608, TRACES, Toulouse
- UMR 5133, Archéorient, Lyon
- Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), UMR 7209, Paris
- Labex Resmed, University Paris IV, Religions et Sociétés dans le Monde Méditerranéen, Paris
- Centre franco-égyptien d’études des temples de Karnak (CFEETK), USR3172, Louxor
- Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
- Université de Strasbourg, École et Observatoire des Sciences de la Terre (EOST), Strasbourg
- Université d’Orléans (Loire Valley University), Orléans
- Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris
- Direction régionale des affaires culturelles, French Ministry of Culture, Centre-Val de Loire

Arabie Saoudite

- La Saudi Commission for Tourism and National Heritage (SCTH), Riyadh
- L’université du Roi Saud à Riyadh (KSU), Département d’histoire et d’archéologie, Riyadh
- La King Abdullah University of Science and Technology (KAUST), Visual Computing Center, Djedda
- La King Saud University, College of Science, Department of Geology and Geophysics, Riyadh
- Le Département des Antiquités de la province de Tabûk, Tabûk

Membres de l’équipe

Hussain J. ALFAIFI (King Saud University, College of Science, Department of Geology and Geophysics), Mona ALI ABADY MAHMOUD (CFEETK, Ministry of Antiquities of Egypt), Saud Mohammed ALMAHDI (Saudi Commission for Tourism and National Heritage, Tamay Office), Raphaël ANGEVIN (Ministère de la Culture, DRAC Centre-Val-de-Loire, Tours, UMR 7041 Arscan), Mounir ARBACH (CNRS, UMR 5133, Archéorient, associé au CEFAS), Waleed Ali BADAIWI (Saudi Commission for Tourism and National Heritage, National Museum Riyadh), Thomas BAUZOU (Université d’Orléans), Charlène BOUCHAUD (CNRS, MNHN, UMR 7209), François-Xavier FAUVELLE (CNRS, UMR 5608 TRACES), Antoine GARRIC (CNRS, CFEETK, USR 3172), François LARCHE (CNRS, UMR 8167 Orient & Métiterranée), Céline MARQUAIRE (doctorante, Université Paris 1), Romain MENSAN (UMR 5608 TRACES), Ahmed MOHAMMED SAYYED EL NASSEH (CFEETK, Ministry of Antiquities of Egypt), Hervé MONCHOT (MNHN, Paris 4 Sorbonne, UMR 8167), Abdul Aziz AL NAWFAL (Saudi Commission for Tourism and National Heritage, National Musuem in Riyadh), Laïla NEHME (CNRS, UMR 8167 Orient & Méditerranée, associée au CEFAS), Jérôme NORRIS (doctorant, HISCANT-MA ( EA 1132), Université de Lorraine), Mohammed Ali AL QAHTANI (Saudi Commission for Tourism and National Heritage, Riyadh), Hugo REGAD (indépendant), Christian Julien ROBIN (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, associé au CEFAS), Nei G. SMITH (King Abdullah University of Science and Technology KAUST, Visual Computing Center), Abdulelaqh Kalak AL TIMAMI (Saudi Commission for Tourism and National Heritage, Tabuk Office), Faisal ZAIDI (King Saud University, College of Science, Department of Geology and Geophysics)

Projet

Bien que méconnue du grand public et dans une large mesure de la communauté scientifique, l’oasis d’al-Bad‘ (28°29’34 N et 35°00’26 E) constitue, sur le plan patrimonial et historique, l’une des principales oasis du nord-ouest de l’Arabie.
Par l’abondance et la majesté des vestiges archéologiques, la beauté de ses paysages et la proximité de la mer, le site possède tous les atouts nécessaires pour attirer de nombreux visiteurs saoudiens et étrangers. Afin d’espérer de larges profits tant en termes culturels qu’économiques dans les décennies à venir, le service des antiquités d’Arabie Saoudite et la communauté scientifique internationale (Mission archéologique d’Al-Bad‘) se coordonnent aujourd’hui pour étudier et valoriser les vestiges antiques et islamiques encore bien préservés de l’oasis.
Localisée dans la province de Tabûk, cette oasis contrôlait aux époques classiques et médiévales l’unique accès vers ‘Aqabâ et la Jordanie-Palestine depuis les grands ports du littoral oriental de la mer Rouge, notamment ‘Aynuna et Leuké Komé (vraisemblablement situé dans la région d’al-Wajh). Ne pouvant longer à l’ouest la côte du Golfe d’Aqabâ en raison du relief escarpé, la route commerciale - et de pèlerinage à l’époque médiévale - empruntait par le passé une voie intérieure le long du wâdî ‘Afâl, au débouché duquel se trouve al-Bad‘.
La plupart des savants s’accordent pour reconnaître dans cette vaste oasis aux imposants vestiges archéologiques l’ancienne Madyan, mentionnée à de nombreuses reprises dans la Bible, le Coran et chez les auteurs classiques (Flavius Josèphe, Ptolémée, Eusèbe), malgré l’absence d’attestation écrite formelle. La durée d’occupation du site est probablement assez longue.
À ce jour, les traces anthropiques les plus anciennes remontent à l’époque « madyanite », généralement placée autour de la fin du 2e mill. et de la première moitié du 1er mill. av. l’è. c. P.J. Parr mentionne également de la céramique des 1er s. av. è.c. au 2e s. ap. è.c. récoltée en surface du tell principal, correspondant donc à la datation des tombeaux à façade et de quelques graffites nabatéens. L’occupation du site perdure jusqu’à nos jours.
Les problématiques entourant les installations antiques et médiévales d’al-Bad‘ n’ont pour l’instant été qu’effleurées sur le terrain :
L’étude du peuplement régional en milieu aride couvre de nombreux pans de recherche, aussi bien environnementale qu’archéologique. Comment l’oasis se présentait-elle lors des phases plus humides ? Comment a-t-telle évolué au cours du temps ? Quel fut le rythme d’occupation de l’oasis ? Comment se sont sédentarisées les populations et comment s’est développé en parallèle le peuplement au niveau régional ? Sommes-nous susceptibles de découvrir des traces plus anciennes que l’âge du Fer, par exemple de l’âge du Bronze, connues non loin dans le désert du Sinaï et dans la vallée de l’Aravah, en Jordanie méridionale et en Arabie ?
Les études environnementales doivent nous aider à mieux appréhender les étapes de l’implantation anthropique. Comment le paysage s’est modifié, transformé et a été aménagé sur la longue durée ? À quelle époque l’oasis fut-elle cultivée pour la première fois ? Quels denrées notamment agricoles furent produites sur place ou importées ? Quel fut l’évolution du régime alimentaire des populations indigènes ?
Bien que l’occupation madyanite du site paraisse en l’état presque anecdotique, il sera indispensable de caractériser l’étendue et à le type d’installation à cette période. Les traces découvertes sont-elles celles d’une occupation sédentaire ou seulement temporaire ? Nos données sont plus denses et précises pour les périodes suivantes, en particulier les époques classique et médiévale.
Il est convenu que l’oasis faisait partie du royaume nabatéen aux premiers siècles avant et après l’è. c. et qu’elle a contribué à la richesse de ce peuple, dont Diodore de Sicile se fait l’écho. Avec Hégra (Madâ’in Sâlih), al-Bad‘ constitue assurément la plus grande cité nabatéenne de cette époque dans le nord-ouest de l’Arabie. Il est de fait nécessaire de s’intéresser aux raisons expliquant la permanence d’une implantation dans l’oasis après le 1er s. Ne serait-ce tout simplement dû à la place stratégique tenue par al-Bad‘ sur le plan régional ? Aucun autre site dans le nord-ouest de l’Arabie ne présente une telle densité d’occupation dans l’antiquité, avec une si vaste étendue urbaine et une si grande variété fonctionnelle des secteurs archéologiques, lui conférant de fait le titre de capitale provinciale. Avec ces tombeaux aux façades monumentales sculptées, la présence d’édifices publics, ce centre régional devait assurément jouir d’un large rayonnement aux alentours.
Sur le plan interrégional, le contrôle d’un tronçon de route commerciale, puis de pèlerinage – difficilement contournable hormis en faisant un long détour par Tabûk - conférait à l’oasis une place primordiale sur la route côtière de l’Arabie préislamique et islamique. Les questions qui se posent sont nombreuses, que ce soit concernant les modalités de ce commerce, les lieux d’arrivée et de départ de cette voie ainsi que les étapes, les autorités de contrôle ou la nature des produits transités, les moyens de transport et plus globalement la nature des échanges. À condition que l’oasis ne soit pas seulement une grande étape caravanière, il faut également s’interroger sur les ressources naturelles disponibles sur place, et leurs rôles dans le commerce local, à moyenne et longue distance.
Sur le plan politique, il convient de s’interroger sur les conséquences de l’« intégration » probable d’al-Bad‘ dans l’Empire romain dès 106, à l’instar du reste de la Nabatène, puis à son histoire à la fin de l’ère préislamique et à l’époque islamique. Notre visite récente, fin 2016, et une première campagne de terrain fin 2017, ont ainsi montré que l’oasis était très étendue dans son état préislamique, avec une forte rétraction à l’époque islamique. La mise en lumière d’une évolution diachronique des espaces fonctionnels de l’oasis constituera une priorité de la mission.
Une part non négligeable de l’activité que nous souhaitons mener à al-Bad’ sera dévolue à renforcer la collaboration scientifique et stratégique entre la France et l’Arabie Saoudite, déjà fort intense dans le domaine archéologique depuis plus d’une dizaine d’années.

Actions prévues, programmation 2017-2021
Durée prévisionnelle : 12 ans

La durée prévisionnelle du projet est de douze ans :

Premier quinquennal :

- 2017-2018 : Acquisition de vues aériennes THD par hexacoptère, d’images satellites, de cartes géologiques, topographiques, etc ; Création d’un SIG de l’oasis avec fonds de cartes et relevés archéologiques par télédétection ; Topographie et MNT des sites archéologiques
- 2017-2019 : Prospection de terrain et vérification des relevés des vestiges en surface
- 2017-2020 : Prospections hydrogéologiques
- 2018-2021 : Étude topographique, architecturale et technique de la nécropole antique ; Prospections géophysiques ; Réalisation d’une série de sondages archéologiques à vocation chronostratigraphique et géoarchéologique dans l’oasis, suivis par l’ouverture de chantiers archéologiques de grande ampleur
- 2019-2021 : Étude du mobilier archéologique
- Publications, valorisation

Nous prévoyons un premier article en anglais, et la diffusion des principaux résultats de nos prospections dès fin 2018, avec si possible une annonce nationale auprès du service de communication du CNRS.
Conférences (Ambassades de la péninsule Arabique, CEFAS, etc.).
Exposition des premiers résultats dans des manifestations scientifiques internationales.

Deuxième et troisième quadriennaux : poursuite du travail entrepris, missions de terrain, publication des résultats, valorisation.

Activités de formation
Le projet accorde une importance particulière à la formation de collaborateurs et d’étudiants saoudiens.