Centre Français d’Archéologie et de Sciences Sociales

Nos tutelles

CNRS


Rechercher



Accueil > Accueil : Français > Recherche > Axes de recherche > Pouvoir et sociétés dans l’Orient arabe et musulman

Recompositions et structuration des politiques étrangères dans la péninsule Arabique

par Administrateur - publié le , mis à jour le

Responsable

Laurent Bonnefoy (politiste, CNRS, CEFAS)

Partenariats actuels ou à venir

- CERI/Sciences Po
- Structurer le projet autour d’un financement ANR ou à l’horizon de deux années un projet ERC.
- Partenariats potentiels avec l’université du Sultan Qaboos à Mascate, le Gulf Studies Center de l’université du Qatar, New York University à Abou Dhabi.

Membres de l’équipe

- Claire Beaugrand (Université d’Exeter, IFPO)

Projet

Les politiques étrangères constituent depuis une trentaine d’années un enjeu de différenciation important entre les Etats de la péninsule Arabique. De la guerre du Golfe de 1990-91 à la crise diplomatique avec entre le Qatar et ses voisins débutée en juin 2017, les questions internationales structurent les rivalités et recomposent largement les alliances. Le développement de stratégies d’autonomisation et l’affirmation d’objectifs et « intérêts » différents entre les sept pays de la péninsule (Arabie saoudite, Yémen, Oman, Qatar, Bahreïn, Koweït et Emirats Arabes Unis) est l’objet d’une littérature d’expertise significative qui relève la polarisation autour d’enjeux régionaux (liens avec l’Iran) mais aussi de questions politiques (soutien ou non accordé à l’islam politique).

Face à ce constat, l’ambition de ce projet naissant est d’analyser l’opérationnalisation des politiques étrangères dans la péninsule Arabique attribuées aux Etats de cette région. Il s’agit donc de dépasser une approche géopolitique fondée tant sur les déclarations des dirigeants que sur une logique de rationalisation des politiques étrangères (centrée sur le « pourquoi ? »). Il s’agit au contraire de prendre celles-ci au sérieux et de s’intéresser au « comment ? ». C’est là une démarche qui nous semble avoir été trop faiblement appliquée. La littérature scientifique semble en effet, sans doute par manque d’investissement sur le terrain mais aussi du fait de certains biais théoriques dits « réalistes » et « stato-centrés », se cantonner trop souvent à une validation a priori de la mise en œuvre des objectifs. Cette approche, largement dominante, affirme en substance que « dire, c’est faire » et qu’une décision de politique étrangère prise par un pouvoir produit les effets attendus : s’ériger en intermédiaire dans un conflit, mettre en place un « soft power » sportif ou « lutter contre le terrorisme », encadrer la transition politique d’un voisin après un épisode révolutionnaire.
Un premier axe de recherche de ce projet invite à mesurer la centralisation de la prise de décision. Qui fabrique réellement ce que l’on labélise comme une politique étrangère ? L’Etat est-il le seul acteur ?

Une seconde réflexion se penche sur les variables et disruptions qui freinent ou limitent la mise en œuvre des stratégies ou objectifs prétendument fixés. Quels éléments permettent de comprendre l’(in)adéquation entre objectifs et opérationnalisation, c’est-à-dire le « succès » ou « l’échec » des politiques engagées.

Le projet se fonde donc sur une analyse fine et pour une part ethnographique des structures et acteurs intervenant dans ce que l’on décrit habituellement comme la politique étrangère. Son ambition est donc de donner à voir et à comprendre les modes d’opérationnalisation des politiques étrangères dans une région du monde dans laquelle les Etats sont en pleine recompositions. Face à un objet aussi large, les participants à ce projet naissant désigneront des cas d’étude parmi lesquels les politiques menées par les membres du Conseil de coopération du Golfe au Yémen (avant et pendant la guerre débutée en 2015), les structures diplomatiques des « petits » Etats et la sociologie de leur corps diplomatique.

Actions prévues, programmation 2018-2021

- 2018 : mise en place de l’équipe de recherche, terrains exploratoires et sécurisation des financements.
- 2019-2020 : travail de terrain. La localisation du porteur du projet dans un pays de la péninsule Arabique, idéalement Oman, afin d’assurer la collaboration avec les partenaires locaux et de mener le travail d’enquête apparaît comme un prérequis nécessaire à la réalisation de l’ambition tant ethnographique que multi-située du projet.
- 2021 : publications. En fonction des financements captés, la recherche donnera naissance à une diversité de rendus et d’événements qui seront également pour une part dépendants de l’actualité.