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Jérôme Norris

publié le

Contact : norris.jerome@gmail.com
Statut/:Status : doctorant / PhD Student
Discipline : Histoire & épigraphie / History and Epigraphy
Rattachement institutionnel / Institution : Université de Lorraine, HISCANT-MA (EA 1132)
Sujet de thèse / PhD title : Des Thamoudéens aux Nabatéens : recherche sur la carte ethnographique de l’Arabie du nord-ouest antique (VIe siècle av. J.-C. – IIIe siècle ap. J.-C.) / From the Thamudaeans to the Nabataeans : Research on the ethnographic map of Ancient North-West Arabia (sixth century BC – third century AD)
Directeur(s) de recherche / Supervisor(s) : Saba Farès et Andreas Gutsfeld
Aire géographique couverte / Studied Area : le Hedjaz du nord, Arabie saoudite, Jordanie / Northern Hijaz, Saudi Arabia, Jordan
Période / Period : Du premier millénaire avant notre ère à l’antiquité tardive / First millennium BC until Late Antiquity
Mots-clés / Keywords : Les inscriptions nabatéennes et nordarabiques (dédanites, taymanitiques, thamoudiques, safaïtiques) ; l’histoire et la civilisation des Nabatéens ; le nord-ouest de le la péninsule Arabique antique ; géographie tribale ; l’Arabie et les Arabes avant l’Islam ; histoire sociale du Proche-Orient hellénistique et romain / Nabataean and Ancient North Arabian (Dadanitic, Taymanitic, Thamudic and Safaitic) inscriptions ; History and civilisation of the Nabataeans ; North-West Arabia during Antiquity ; Tribal geography ; Arabia and the Arabs before Islam ; Social history of the Hellenistic and Roman Levant

Résumé de thèse

Au cours du premier millénaire avant J.-C. et des premiers siècles de l’ère chrétienne, le nord-ouest de la péninsule Arabique est marqué par l’établissement d’étroites relations commerciales avec l’extérieur par le biais de la célèbre route caravanière de l’« encens », la diffusion spectaculaire de l’écriture et le développement de différents pouvoirs locaux dont les royaumes de Qédar, de Liḥyān et des Nabatéens qui se succèdent à la tête de la région jusqu’à ce que Rome ne s’en empare en 106 ap. J.-C. en créant la province romaine d’Arabie.

Malgré des phases d’unification politique, la région apparaît tout au long de cette période comme une mosaïque d’une multitude de peuples, communautés ou « tribus » au sein desquels des populations telles que celle des Nabatéens ne représentent que les groupes dominants. N’ayant jusqu’alors pas fait l’objet d’une étude d’ensemble, cette réalité ethnographique reste extrêmement mal comprise, demeurant en outre biaisée par la tendance qui avait erronément et longuement amené les savants à considérer le peuplement de cette région sur la base d’une distinction entre « Nabatéens », « Thamoudéens », « Safaïtes » et « Liḥyānites », cela en fonction des types d’écritures représentés localement et non de la manière dont les habitants de cette zone sont décrits dans les sources. Alors que de sérieux doutes avaient déjà été formulés dans les années 1950-60 à propos des théories de Van den Branden sur les Thamoudéens et que l’avancée des travaux scientifiques a récemment permis d’aboutir à un classement plus rigoureux des langues et écritures de l’Arabie préislamique, la conduite d’une enquête sur l’identification et la géographie des « peuples » ou ethnè de l’Arabie du nord-ouest antique paraît séduisante, sujet que cette thèse se propose de traiter. Exploitant l’épigraphie sémitique (nordarabique, araméenne et nabatéenne), la littérature classique et les résultats des travaux archéologiques récents, c’est une recherche sur le temps longs qui est alors privilégiée, du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère.

La première étape passe par la remise en contexte de l’étude via une analyse de la chronologie et des différentes phases politiques qui marquent l’histoire de la région, depuis l’intervention de Nabonide jusqu’au retrait des troupes romaines à la fin du IIIe siècle. La situation linguistique et celle de la remarquable diversité des écritures employées localement avec les différents alphabets nordarabiques qui cohabitent avec l’araméen impérial et l’araméen nabatéen devront être analysées dans un second temps, la question posée étant celle de la relation entre appartenance communautaire et usage d’une langue et d’une écriture donnée. Il faudra ensuite s’intéresser de près à la manière dont les différentes populations locales sont définies dans les sources, à la fois par le biais du « regard des autres » qu’expriment les auteurs grecs et latins que par celui que les intéressés se portent eux-mêmes en étudiant les différentes stratégies auxquelles ils ont recours pour décliner leur identité. Enfin, il sera question de tenter de comprendre ce qu’est un « peuple » ou une « tribu » en Arabie du nord-ouest en cherchant à déterminer les réalités socio-politiques que ces notions peuvent recouvrir, puis de dresser un inventaire des différents groupes attestés dans les sources en identifiant les plus importants et en abordant le problème de leur localisation géographique. Au croisement de l’histoire, de l’épigraphie et de l’archéologie, cette thèse s’inscrit dans un contexte scientifique marqué par le développement sans précédent des travaux de terrain dans la péninsule Arabique et pourra être considérée comme une contribution aux recherches sur l’histoire des Arabes avant l’Islam.